jeudi 23 novembre 2006

"Bibliothèque numérique : la quadrature du cercle?"

Fiche de lecture n°2 Bibliothèque numérique : la quadrature du cercle ? Colloque sur les bibliothèques numériques, Brésil, mars-avril 2006

Source

FINGERHUT Michel. Bibliothèque Numérique : la quadrature du cercle ? In mediatheque.ircam.fr [en ligne]. 2006. Disponible sur : http://mediatheque.ircam.fr/articles/textes/Fingerhut06c/ (consulté le 14/10/2006)

Idées principales

Contrairement à Marie Lebert, Michel Fingerhut voit le terme de « bibliothèque numérique » bien plus « réducteur et contradictoire » car réduit au support livre. Puis il est absurde de réduire la bibliothèque au terme numérique (il y a toute une organisation, de s individus avant un accès direct à des documents numériques). Et enfin, le terme est contradictoire car la bibliothèque à une finalité à dans le long terme tandis que le numérique est un domaine en évolution constante.

* Les lieux physiques

Consultation à distance des collections, des services documentaires. Multiculturalisme possible mais les problèmes de différences culturelles, linguistiques…même s’ils étaient déjà un problème, le sont encore plus avec les systèmes de réseau.

* La nature des objets

Les notions de document et de livre sont en mutation. Le livre a des difficultés à s’adapter au « tout numérique » et au système dynamique. Alors que d’autres objets audiovisuels ou graphiques s’intègrent parfaitement mais du coup, ont du mal à revenir à un système statique et linéaire. L’auteur aborde aussi le problème de conservation, d’analyse et de recréation sans l’approfondir. Il insiste ensuite sur un risque de disparition des bibliothèques, de certaines collections en raison de la réaction des utilisateurs qui préfèreraient le document électronique (plus accessible, moins cher …) au document "matériel".

* L’organisation des connaissances

Habituellement, c’est le professionnel de l’information qui organise les connaissances entre elles grâce à ses compétences (catalogage, indexation, thésaurus…). A présent, l’auteur recense certaines mutations dans cette organisation où les facultés de l’informatique à analyser les contenus numériques sont grandes et où la publication individuelle crée aussi de nouveaux systèmes d’organisation. Toutefois l’informatique impose aussi une hiérarchie particulière que l’utilisateur ne peut ignorer contrairement à celle des rayonnages d’une bibliothèque.

* Les réseaux sociaux

Il compare le fonctionnement des moteurs de recherche avec le traditionnel bouche à oreille. En effet, ils se basent sur la pertinence des réponses mais aussi sur la fréquentation des pages web. Le système RSS favorise aussi les réseaux car des personnes « veillent » sur les mêmes pages.

* L’appropriation

L’usager peut s’approprier plus facilement les documents numériques que les documents analogiques grâce au développement des possibilités de navigation, de copie, d’annotation…

* La nature du monde sensible

L’auteur introduit tout d’abord la définition du savoir (qui se construit dans le temps avec un apprentissage des informations perçues, leurs comparaisons, leurs appropriations). L’autopublication offre une facilité de publier de l’information qui peut paraître moins pérenne qui peut aussi entraîner un bruit plus important lors d’une recherche d’informations. Par contre, une conservation numérique à long terme est une mission bien plus complexe. Cette mission patrimoniale, de conservation du savoir doit faire face au numérique qui lui est en perpétuelle évolution.

* Le privé et le public

Ces deux notions sont remises en question dans le domaine numérique. Exemple, avec les moteurs tels que Google ou Yahoo qui ont parfois communiqué des informations sur des individus à des autorités. Alors que leur "surveillance" de l’individu (requêtes,…) n’a qu’un but commercial. Pour les contenus patrimoniaux, même problème : risque de monopole ou d’appropriation des droits par une bibliothèque universelle (Google par exemple).

* La question des finalités

La bibliothèque numérique et la culture entreraient-elle dans une finalité marchande pour en tirer des bénéfices et satisfaire le plus grand nombre avec des produits de consommation tous identiques ?

* Le titre d’un livre n’est pas le livre

Une véritable bibliothèque numérique n’est pas uniquement virtuelle. Elle a une organisation, et n’impose pas un dispositif à l’utilisateur qui doit être libre de ses actions. Elle doit avoir une structure physique en amont pour faire privilégier le support réel à l’usager. Par contre, la bibliothèque physique doit avoir sa part de numérique. Mais il persiste de nombreux soucis techniques, juridiques, économiques et sociaux où la bibliothèque conserve ses missions "traditionnelles" tout en s’adaptant aux évolutions de la société.

Critique personnelle

Tout d’abord, j’ai trouvé le texte assez complexe. Même si les parties étaient claires j’ai eu du mal à suivre le cheminement de l’auteur qui n’entre pas dans les détails. En effet il illustre ses propos mais ne les approfondit pas. Mais tout au long de son exposé il nous renvoie à plusieurs références. Le texte ne se suffit pas à lui même, il faut creuser les sujets dans d'autres documents. Même si aucun texte ne se suffit à lui même, je l'ai beaucoup ressenti pour celui ci. Toutefois l'auteur est assez structuré et offre une présentation "passé présent", très adaptée pour le domaine des bibliothèques numériques. L'auteur adopte des positions assez extrêmes telles que la disparition des bibliothèques, ou l'aspect marchand de la conservation du patrimoine. Ce type de thème mériterait une véritable discussion.